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mercredi 15 juin 2011

Emballage de repas livrés ou pour emporter

Acheter un repas de restaurant qui sera livré chez nous, ou qu'on achète pour emporter, ça peut être agréable et très pratique, que ce soit pour le plaisir ou pour se dépanner! Par contre, qui dit transport dit emballage. Trop souvent, ces emballages sont jetés, et parfois c'est effectivement la seule chose à faire avec dans notre système de gestion des "matières résiduelles" (oh le beau mot pompeux pour dire "déchets"!). Voici mon classement écolo de diverses versions existantes au Québec.

En queue de peloton: le "bon vieux" (ahem, ahem) styrofoam
La mousse de polystyrène (symbole de recyclage numéro 6), mais aussi le polystyrène sous forme autre que la mousse (couvercles de café, ustensiles, emballage de certaines salades et sandwiches au restaurant et dans les épiceries), bien que techniquement recyclable, n'est pas pris en charge par la collecte sélective au Québec; il n'y a pas d'usine qui en recycle assez proche et les coûts de transport vers les usines de recyclage sont faramineux. Le polystyrène va donc directement aux vidanges dans tous les cas. CHOU!

En 4e position: l'emballage pseudo-recyclable
Voici malheureusement un bel exemple de technologie mal utilisée et d'écoblanchissage. La chaîne St-Hubert se vante haut et fort de livrer ses repas dans des emballages recyclables et compostables... et ils le sont... quand ils sont propres! Les instruction du recyclage municipal sont claires: pas de papier ou carton souillé, et l'exemple généralement donné est celui d'une boîte de pizza livrée: pas recyclable! Or, avez-vous déjà vu une des boîtes de carton de St-Hubert sans aucune tache de graisse après 1-le voyage de livraison et 2-le repas où l'on mange directement dedans? Mission: impossible! Même chose pour les sacs en papier où toutes les chaînes de burgers et toutes les patateries placent notre commande... Quant au compostage, va pour les chanceuses (je te vise personnellement, Joa!) qui habitent une ville avec un programme de compost municipal, mais dans un composteur domestique... d'une part, je doute que ça composte vraiment (les conditions de température et d'oxygénation n'étant pas optimales en tout temps, ce qui n'est pas bien grave pour nos restes de légumes mais un produit usiné, c'est différent! Cécile Gladel en a fait l'essai avec un sac de chips "biodégradable": niet!) et d'autre part, les odeurs de bon St-Hub risquent fortement d'attirer des animaux indésirables... Donc, poubelles quand on est très bien informé mais combien de gens le sont? Je grince des dents à penser à la quantité de papier propre qui doit être contaminée et rendue immpropre au recyclage par ces emballages... alors, crémeux ou traditionnel, votre CHOU!

En 3e position: le plastique vraiment reyclable
Voici dans quoi j'ai emporté mon repas du Commensal il y a quelques temps. Ce produit ressemble au bon vieux styrofiam, mais il est fait de polypropylène recyclable ET accepté par la collecte sélective. Ça reste du plastique et il faut le laver avant de le mettre au recyclage. Mais LUI, il sera vraiment recyclé. Yé.

En 2e position: l'aluminium
Le classique quand on commande une grosse poutine! Je l'ai mieux classé que le plastique recyclable car l'aluminium est recyclable à l'infini, sans se dégrader au fil du temps, contrairement au plastique. De plus, recycler l'aluminium est vraiment, vraiment plus écoénergétique que d'en produire du nouveau à partir de bauxite, son minerai. YÉ!

Et le gagnant est... le contenant réutilisable!!!
La première fois que j'ai vu quelqu'un amener un contenant de plastique réutilisable (de type "Tupperware") pour se ramener un repas était lors de mes études. Un gars de ma gang achetait toujours son lunch à la cafétéria, toujours dans son plat à lui. Le fait de ne pas payer le surcoût "pour emporter", destiné à amortir le coût du bon vieux styrofoam (pratique avec laquelle je suis tout à fait d'accord selon le principe de l'utilisateur-payeur), était probablement une des motivations, mais je considérais que c'était génial et je l'admirais d'avoir le guts de ne pas avoir peur des regards étonnés des autres! Je connais au moins une autre personne qui procède ainsi, pour ramener les restes des assiettes souvent gargantuesques des restaurants. Évidemment, ça ne fonctionnera pas pour un repas livré, mais pour un "take out", pourquoi pas! Il existe plusieurs contenants de forme et de grandeur pratiques pour cet usage, en voici deux exemples pigés dans mes armoires.


De nos jours, ce principe est d'ailleurs de plus en plus courant pour le café, celui-ci étant souvent vendu quelques cents de moins aux clients qui apportent leur tasse. YOUPPI YÉ!!!!

Mention spéciale "poche": le gobelet "intermédiaire" inutile et gaspillé
Parlant de café, ceci n'est pas dans le classement car ce n'est pas un repas, mais... Si vous êtes déjà arrêté au service à l'auto de certaines chaînes de cafés, et que vous y avez demandé à ce qu'on remplisse votre tasse de voyage, en bon écolo qui ne veut pas de verre jetable... Oui, je sais, l'excellent écolo arrête le moteur et sort de son auto pour aller chercher son café, mais quand on est seule avec les enfants qui dorment en arrière, cette option n'est pas pratique! Donc, quand on y demande à ce qu'on remplisse sa tasse de voyage, l'employé prend parfois le café d'un gobelet jetable et le verse dans notre tasse... Et ceci, dans un établissement qui donne un rabais au comptoir avec une tasse de voyage! Est-ce parce qu'on n'a pas demandé assez vite et que le café était déjà préparé? Je ne sais pas, mais avec cette approche l'environnement est perdant sur toute la ligne puisqu'un verre jetable sera jeté ET on devra nettoyer la tasse réutilisable! À éviter!!!

mercredi 8 septembre 2010

Emballage superflu: lettre à Crest et réponse

Cette fois-ci, ce n'est pas une commande de ma part, mais bien une proposition spontanée de Valérie-Ann pour ce billet invité!

Le suremballage est un des grands chevaux de bataille des écolos. Parmi les choses qui m’intriguait, il y avait la boite de carton qui emballe chaque tube de dentifrice de marque Crest. Le dentifrice étant déjà dans un tube, souvent scellé par un sceau d’aluminium, pourquoi ajouter une boite autour? D’autant que le texte informatif de la boite est copié sur le tube, donc on ne peut utiliser le complément d’information comme prétexte à l’utilisation de l’emballage supplémentaire...

J’ai donc écrit un e-mail à la compagnie Crest, une filiale de Procter and Gamble. Voici l’essence de mon mail, car je n’ai pas sauvegardé les mots exacts, mais ça sonnait comme ceci:

“Bonjour à qui de droit,
Ma famille et moi apprécions beaucoup vos produits. La qualité, le goût et la bonne réputation de vos dentifrices en font notre marque préférée. Cependant je me sens concernée par votre choix d’utiliser une boite de carton pour emballer vos tubes: dans notre actuel contexte économique et environnemental, ne serait-il pas judicieux d’éviter ce suremballage? J’aimerais connaitre les raisons de la compagnie pour justifier cet emplois de fibres supplémentaire.
Merci de l’attention portée à ma demande!”

J’ai envoyé le mail vendredi, et j’ai reçu la réponse assez rapidement, compte tenu du week end de trois jours. Mardi, donc, je recevais cette lettre:

Bonjour Valérie,

Merci d'avoir communiqué avec Crest.

C'est avec grand plaisir que nous avons reçu vos compliments sur notre produit. Nous sommes toujours heureux de recevoir des commentaires positifs de la part des consommateurs qui, comme vous, aiment utiliser Crest, et nous ferons notre possible pour continuer de vous offrir un produit de la plus haute qualité. Nous nous ferons un plaisir de faire part de vos commentaires à l'équipe responsable de la mise au point des produits.

Nous partageons vos inquiétudes sur l'environnement et c'est pour cette raison que nous nous sommes engagés à assurer la sûreté de nos produits, emballages et opérations pour les consommateurs et l'environnement. Nous favorisons des pratiques de gestion plus responsables dans le but de conserver les ressources forestières pour les générations futures. Afin d'y parvenir, nous avons élaboré une politique de gestion durable des forêts; nous ne nous procurons des fibres qu'auprès de fournisseurs qui souscrivent aux mêmes normes.

Nous tenons à vous rassurer que la pâte à papier que nous utilisons dans la fabrication de nos produits papier est un sous-produit de la production du bois d'œuvre. Il est donc peu probable que l'utilisation de fibres recyclées dans ces produits mènerait à une réduction appréciable de l'exploitation forestière. Nous sommes continuellement à la recherche de nouvelles méthodes qui nous permettront de fabriquer des produits et emballages plus écologiques tout en continuant à vous offrir un niveau de qualité digne de P&G. Pour en savoir plus sur les mesures que nous prenons pour atteindre notre objectif, visitez http://www.pgcanada.ca/fr_CA/company/our_commitment/environment.jhtml.

Bonne journée,

Pauline
Équipe Crest"
Il eut été préférable je crois que la compagnie utilise des fibres recyclées, ou bien pas de fibres du tout, par contre je crois que d'utiliser un produit qui serait jeté de toute façon est quand même un bon début. 
J'espère toutefois que mon mail, cumulé à d'autres, peut-être, les fera réfléchir et mènera à une politique environnementale de plus en plus saine. Il ne faut pas hésiter à écrire aux compagnies, car en restant respectueux et en s'intéressant à leurs raisons et leurs politiques, nous leur prouvons que le consommateur d'aujourd'hui s'informe et ne se laisse plus abuser par les apparences comme autrefois. Car en quelque part, acheter, c'est voter!
Merci à Lucie pour la tribune qu'elle m'a offert!

De rien, Valérie-Ann!