Revenons à nos pots de beurre de pinottes. Voici de quoi a l'air le gros méchant loup et ce, même après qu'on ait fait son gros possible avec le couteau pour pourvoir encore tartiner une dernière toast:
Avouez que juste de le voir en photo, ça vous décourage! Beurk, c'est gras, ça va scraper toute l'eau de vaisselle. Alors on le garde pour la fin et à la fin, on est tanné de faire la vaisselle et on remet à demain...
Mais non! Tout ce qu'il faut, c'est une spatule en silicone comme celles-ci. Pour nettoyer les pots, la petite de couleur orange, à droite, est ma préférée. Un de ses côtés a même une forme faite pour nettoyer sous le rebord des pots!
Contrairement au couteau, la spatule est concue pour racler des surfaces, tant par sa forme que sa souplesse. Celles en silicone ont une souplesse inégalée, se lavent très facilement (au lave-vaisselle, même!) et sont très durables, c'est pourquoi je les préfère à tout autre matériau. Dans le pot illustré ci-dessus, j'ai récupéré environ 2 cuillères à table (environ 30 mL) de beurre d'arachide, soit une portion du Guide alimentaire canadien. Un repas de plus--ma technique est écono en plus d'être écolo! Et voici le résultat, beaucoup moins décourageant à laver à la main:
Comme je l'ai mentionné au début, la spatule "magique" est aussi très efficace pour tous les autres pots qui nous découragent!
***Fin du tutoriel***
Alerte: Début d'une section théorique nerd! Mais vous me connaissez, je vais tout expliquer bien clairement! :-)
Évidemment, on peut aussi rincer sans fin avec de l'eau chaude du robinet avant de laver au savon, mais je trouve ridicule de gaspiller tant de litres d'eau potable et de générer tant de matière organique dans l'eau usée. Mon lectorat écolo est sûrement familier avec la nécessité de ne pas gaspiller l'eau, mais peut-être pas avec la problématique de la matière organique dans l'eau usée, sur laquelle je veux donc insister un peu.
La matière organique dans l'eau crée une demande biochimique en oxygène (DBO) pour sa décomposition microbienne, c'est-à-dire que les microbes qui prolifèrent pour la décomposer dans l'eau usée consomment de l'oxygène qui n'est plus disponible pour les poissons et autre faune aquatique. Bonjour eau opaque dégueu, adieu biodiversité!
Dans l'eau usée, les sources de matières organiques sont nombreuses; parmi elles: nettoyage de la vaisselle et des vêtements, chasse d'eau de la toilette, broyeur de cuisine (un appareil absolument pas écolo, justement pour toute la matière organique qu'il flushe!), eau du bain ou de la douche (en plus de la sueur et des particules de peau, qui sont inévitables, tous les cosmétiques que nous appliquons finissent à l'égout!). Une partie de cette matière organique et de la DBO associée est retirée par les usines de traitement des eaux usées et chaque usine a des limites à respecter quant à la DBO des eaux usées traitées qu'elle rejette, mais évidemment, ce traitement n'est pas parfait et a un coût qui va directement dans notre compte de taxes municipales. Par définition, les eaux usées contiendront toujours de la matière organique générant de la DBO, mais certaines bonnes habitudes permettent de la réduire significativement, par exemple: ne pas utiliser de broyeur (préférer le compostage pour réduire les matières organiques jetées aux poubelles!), vider les assiettes dans la poubelle avant de les mettre dans le lave-vaisselle au lieu de les rincer (le rinçage manuel utilisant plus d'eau que le cycle de rinçage du lave-vaisselle et les bonnes machines modernes étant assez performantes pour gérer la vaisselle pas rincée) et jeter le gras alimentaire (comme le gras de bacon ou de bouillon de poulet) à la poubelle plutôt qu'à l'évier si on ne l'utilise pas en cuisine.